« Lorsqu’une hégémonie est en crise, c’est là que ses structures de pouvoir font surface. C’est dans la perte de consensus et dans l’affaiblissement conséquent des appareils idéologiques qu’un État, mais aussi qu’une culture au sens large et ethnologique du terme, révèlent leur volonté de domination. »
C’est à partir de ce constat, extrait de l’argumentaire du colloque, que les 28 et 29 mai 2026, le Groupe de Recherche en Théorie Critique (GRTC) a réuni à l’Université de Reims une communauté internationale de chercheuses et chercheurs autour de la question : Phénoménologies des crises : structures de pouvoir et appareils de résistance.
Des intervenants et auditeurs venus des quatre coins du monde ont participé, en présentiel comme à distance, à ces deux journées d’échanges d’une grande qualité intellectuelle — avec une richesse de perspectives géographiques et disciplinaires rarement égalée.

Les interventions, d’une très haute tenue intellectuelle, ont exploré les tensions entre effondrement des consensus et réinvention du politique, entre domination technocratique et renaissance des pratiques critiques. De l’expérience du beau naturel chez Adorno (Jean-Baptiste Vuillerod) au « pli du sujet en crise » (Paul Dablemont), en passant par la question des besoins précatégoriaux face à la crise (Iaan Reynolds), les dimensions affectives de la fascisation (Lea Gekle), la phronesis comme résistance dans le soin (Julien Richard), la colonialité au prisme de la théorie critique (Luca Scafoglio), ou encore le statut du post-critique comme symptôme (Giorgi Kobakhidzé), chaque session a nourri un dialogue exigeant et profondément actuel. La table ronde conclusive, « Habiter la ruine, subir la chair », a offert un moment rare de réflexion collective sur la possibilité de la résistance au cœur de l’expérience limite.

Remerciements aux acteurs de cette réussite
Le GRTC adresse ses vifs remerciements :
- Aux intervenants pour la profondeur de leurs analyses et leur engagement dans les discussions.
- À l’Université de Reims Champagne-Ardenne et au CIRLEP (Christine Sukic et Démiana Donck en particulier) pour l’accueil chaleureux et le soutien logistique.
- À l’équipe organisatrice, dont le travail minutieux a assuré le bon déroulement des sessions.
Ce colloque a montré que, face aux crises, la pensée critique non seulement résiste, mais invente – et qu’elle le fait avec d’autant plus de force lorsqu’elle se fait collective, internationale et résolument tournée vers l’avenir.


